lundi 24 novembre 2008

La ville que je connais par coeur

En une heure, la neige a déjà tout gommé : les maisons, les voitures, les arbres. La ville, défigurée, fait maintenant penser à un aquarium, à une cage. Il faudrait en sortir mais la peur annule tout le reste, elle paralyse. Jeanne fait trois tours du quartier : les maisons se ressemblent toutes et une fois sur deux il y a un chat à la fenêtre.

Plutôt que de la conforter, cette connaissance parfaite qu’elle a de chaque artère, de chaque trottoir la rend anxieuse, vulnérable – transparente comme une plaque de glace si mince qu’un rien la fera craquer.

En traversant la rue Jeanne assiste, interdite, à la montée des larmes. Elle essaye de respirer mais sent sur ses poumons une étonnante pression.

Elle s’arrête un instant malgré le froid qui monte jusqu’à la tête.

vendredi 14 novembre 2008

Un de mes poèmes a été retenu dans le cadre d'un concours intercollégial. Mon cégep devait envoyer les trois meilleurs poèmes qu'ils avaient reçu. Ils en ont reçu... trois.

Je ne sais pas si ça me fait plaisir ou si ça me déprime.

mercredi 12 novembre 2008

L'ennui

Elle a décidé de se laisser porter au gré de la brise, de ce vent venu du nord qui pousse dans son dos et entraîne dans son sillage l’odeur des sacs-poubelles éventrés et des feuilles mortes.

Elle voudrait ne jamais revenir, avoir le courage de continuer à marcher, mais le soleil dans son déclin l’incite déjà à retourner sur ses pas.

À l’idée de ce qui l’attend elle ravale un cri : la poussière, le silence, l’ennui sous une forme presque vivante, inquiétant animal à mille bouches crachant cent mots à la seconde dans une langue impossible à décrypter.