vendredi 20 novembre 2009

(Réécriture)

Je ne nomme rien
je m’ébruite
dans les commerces
indifférenciée
fille laide parmi les filles

je ne sais rien de ces codes
à apprendre par cœur
rien de cette façon toute particulière
qu’elles ont
de ne pas se regarder
par dessous les écailles
qu’un garçon parfois
avec un peu de chance
soulève

jeudi 29 octobre 2009

Revue Moebius, no123: Filiation et transmission

En librairie depuis aujourd'hui.
Vous y trouverez deux de mes nouvelles (soyez indulgents, surtout pour la première... elles commencent déjà à dater!).
Lancement officiel le 9 novembre prochain (plus de renseignements sur le site).

http://www.triptyque.qc.ca/abonne.html#m123

mercredi 30 septembre 2009

Bonjour à tous,

Je ressens ces jours-ci l'envie très forte de me retirer un peu de ce blog, afin d'écrire autrement, dans une solitude plus complète. Bien que cet échange entre le "lecteur" (hum!) et moi soit, sous bien des aspects, super constructif et stimulant, le fait de publier systématiquement ma poésie sur le net me rend de moins en moins à l'aise. Je pense que parfois c'est bien de garder certains trucs pour soi, pendant quelques temps du moins.
Cette envie d'écrire autrement, doublée à un horaire plus chargé qu'avant, font en sorte que ma présence ici se fera plus rare.

À bientôt!

jeudi 24 septembre 2009

(ajout fait après la réception des 2 premiers - gentils - commentaires... poème en construction, dont j'assume plus ou moins la forme actuelle)

Je ne sais pas
bien me tenir
j'ai des airs de famille
qui me font les yeux tristes
et de vieilles colères
armées jusqu'aux dents

je voudrais toucher
quelque chose qui ne soit
ni fumée
ni verbe

tout vient et me traverse
indifféremment

vendredi 18 septembre 2009

Nous parlons
comme en famille

sans un mot et fort

nous savons que rien
ne sera jamais plus
à sa place
les immeubles les arbres
s'effondrent à mesure

je ne connaissais pas l'existence
de cette forêt

vendredi 4 septembre 2009

Une bande de filles entrent dans le restaurant avec fracas. Il y a chez elles quelque chose qui intimide: l'éclat agressif de leur brillant à lèvres, la bretelle de soutien-gorge que l'on perçoit sous leur chandail.

A quinze ans je n'y arrivais pas: rire fort, parler à des garçons. Raconter des blagues. J'étais pliée en deux renfrognée plaignarde sans cesse au bord des larmes mon style vestimentaire était horrible mes cheveux ni raides ni bouclés me rendaient malheureuse je portais sur mes poignets la profondeur de mon désarroi j'étais poète.

Mes amies me trouvaient généralement lassantes, riaient ouvertement de mes envolées lyriques les plus senties. Je savais qu'il n'y avait que la drogue et les souvenirs pour nous donner l'impression d'être encore liées, Te souviens-tu de la fois en première année?

J'étais l'intellectuelle de la bande (dans la bouche de certaines cela ressemblait à un reproche: Arrête de réfléchir, tu penses trop). J'écrivais des poèmes qui me donnaient l'impression de me distinguer. On me disait que j'avais du talent; j'aurais voulu qu'on me dise que j'étais la meilleure depuis Nelligan.

Je les ai peut-être tous jetés dans un élan de honte. Je n'en retrouve aucun.

mardi 25 août 2009

Tu portes tes mots avec ardeur
comme autant de masques

et tes larmes tu les tiens
brillantes

illuminent tout
d’un coup